LE METIER DE STYLISTE avec Julie Cogam. 

Julie Cogam a partagé avec moi son histoire professionnelle, ses 15 ans d’expérience dans le domaine de la mode. 

Julie Cogam entre dans le monde du design en intégrant la classe d’arts appliqués du lycée Vauban de Brest à quinze ans. Elle obtient son bac STD2A et postule dans les écoles de mode françaises. 

Elle continue son éducation à Tourcoing dans un BTS Stylisme de Mode au lycée Sévigné

Après avoir obtenu son diplôme, Julie Cogam va rejoindre une licence d’arts appliqués à Toulouse dans le but de devenir professeure. Elle va vite se rendre compte que cela n’est pas sa vocation et va repartir dans le nord. Elle commence une FCIL pour compléter son BTS. Grâce à cette formation, elle fait un stage de 6 mois chez Pimkie à Lille en tant que tendanceuse

A la fin de son FCIL, Pimkie embauche Julie Cogam immédiatement. Elle est tendanceuse pendant 3 mois avant d’obtenir un poste de styliste pour Mailles et Manteaux. Elle restera chez Pimkie pendant plus d’un an.  

Elle passe ensuite 6 mois chez Tape à L’oeil, une marque de vêtements pour enfants. Elle y reçoit une formation au logiciel Illustrator, qui était alors encore un outil assez récent et pas très répandu. 

Avec son bagage professionnel, Julie Cogam rejoint l’équipe de Madame à Paris, une entreprise créateur fondée par Laurence Doligé et Maxime Vibert en 1997. 

Elle crée près d’une collection par mois, comprenant vêtements et accessoires. Elle imaginait toutes les tenues en partant d’un thème, par exemple Madame à Paris sous la pluie. 

La marque va se vendre chez Colette, un concept store de Paris, et commence alors à créer des collections “traditionnelles”, c’est-à-dire des collections saisonnières. 

Julie Cogam et Laurence Doligé déménagent en Inde pour se rapprocher des usines de production. Elles tirent leurs inspirations de la presse internationale, comme les magazines Vogue, et de librairies parisiennes. Leurs collections racontent

L’entreprise est ensuite revendue à Marie-Josée Rubini, l’ancienne patronne de Caroll. L’entreprise priorise les usines européennes et Julie Cogam rentre en France. 

Julie Cogam me raconte qu’elle a énormément appris grâce à Madame à Paris. Elle va non seulement créer des collections mais aussi s’occuper du Book de vente, de trouver les échantillons, des croquis à plats, du Look Book, des photoshoots, etc. Elle fait des produits à façon : elle sélectionne personnellement chaque tissu, fermeture, boutons pour ses vêtements. L’entreprise obtient des clients de plus en plus importants, comme des clients japonais. 

La marque ouvre une boutique et des corners chez Printemps et Lafayette. Malheureusement, elle ne tient pas le coup économique et Julie Cogam est licenciée suite à une liquidation judiciaire après 7 ans à travailler pour Madame à Paris. 

Elle est contactée par deux entreprises: le groupe Iéna, un des clients japonais de Madame à Paris et Grace & Mila, la boîte d’une ancienne stagiaire de Julie Cogam. 

Elle dessine 4 à 6 collections à nom (collaborations) pour Iéna. Elle va aussi travailler pour Grace & Mila en tant que styliste et aider l’entreprise à créer son logo, à trouver son image de marque, etc. 

En 2016, Julie Cogam rejoint le groupe Etam. Elle construit la collection FLOU (robes, chemisiers, jupes…) et renouvelle le rayon. Ce poste lui permet de travailler avec tous les pays, de créer des produits finis et à façon. 

Contrairement à Madame à Paris, Etam est une grosse entreprise donc les saisons de collections sont divisées en armoires. Ces marques ont besoin de rotations régulières en magasins pour captiver l’attention des acheteurs. Alors qu’elle dessinait environ 100 à 150 modèles par saison pour Madame à Paris, elle en fait maintenant 300 par saison. Julie Cogam fait tous ses croquis à la main, en silhouette pour vraiment mettre le vêtement en valeur. Ce n’est qu’ensuite qu’elle transférera sur le logiciel Illustrator. 


COLLECTION MADEMOISELLE OUI
Collection mariage d’Etam
2019 – Julie Cogam

Ce travail lui permet aussi de beaucoup voyager. Julie Cogam partira en Inde, en Turquie, en Italie, au Portugal ou encore en Chine pour rencontrer les producteurs ou récupérer des échantillons de tissus. 

Elle quitte Etam en 2022 et revient en Bretagne, à Morlaix. Elle ouvre la Mercerie Moderne, place Émile Souvestre. Julie veut se réinventer, dans un style de vie plus tranquille. Elle crée ce lieu pour rénover l’art du fait-main, du fait-maison dans le pays de morlaix. Elle propose des produits classiques, de tricot, broderie, couture, etc dans des couleurs, des motifs très modernes.

Vocabulaire 

STD2A: Sciences et technologies du Design et des Arts Appliqués

FCIL: Formation Complémentaire d’Initiative Locale

Tendanceuse: Identifie et anticipe les tendances actuelles.

Styliste pour Mailles et Manteaux: Spécialisation de styliste.

Book de vente: Book de présentation de collection

Look Book: Book pour les clients les plus importants et pour le journalisme de mode

Produits à façon: Le styliste sélectionne personnellement les tissus, boutons, etc. Plus qualitatif que produit fini.

Produits finis: Le fournisseur sélectionne les tissus, boutons, etc.

Collections à nom: Collaboration entre un styliste et une marque. Ici: Julie Cogam X Iéna

Armoires: Division des Saisons de collections pour les grandes marques. Une saison = Plusieurs Armoires. 

Conseils de Julie Cogam 

– Pour être un bon styliste, il faut être prêt à mettre ses goûts personnels de côté et à adopter l’ADN de l’entreprise pour laquelle on travaille. 

– Avoir une culture riche, de mode et d’art en générale, pour en tirer ses inspirations. 

– Se créer un réseau de professionnels, de fournisseurs, etc.

– Toujours penser au accessoires lors de la création de collection. C’est ce qui se vend le mieux. 

– Rester humble. L’univers de la mode n’est pas un environnement très sain. Il ne faut pas le prendre personnellement si votre travail est dénigrer. 

– Avoir des marges de ventes. Si un produit vous à coûté 40 euros à produire, vendez-le au moins au double. C’est cette marge qui vous permet de payer tous les frais qui viennent avec l’entreprenariat et qui vous permet de vivre.