Le Gilet

Je dois avouer que ce projet a commencé il y a maintenant plusieurs mois. Malgré sa simplicité, il m’a tellement frustré qu’il a pris la poussière de décembre à aujourd’hui. 

Pour développer tout ça, ce projet est un gilet de tailleur bleu. Le patron vient du même magazine que pour la chemise et le pantalon que j’ai confectionné pour le nouvel an: le numéro 121 de Diana Couture. 

Ce fut mon premier projet machine depuis plusieurs années.

La préparation du tissu, la coupe et l’assemblage de la couche externe du gilet n’ont posé aucun problème, à l’exception de quelques décalages au niveau des différentes pièces. 

Non, le problème est arrivé lorsqu’est venu le temps de faire la doublure. Je n’avais jamais fait de doublure auparavant et j’ai probablement fait toutes les erreurs possibles. 

Tout d’abord, cette doublure se faisait en deux temps. Un partie de cette doublure, suivant les bords du gilet, est dans le même matériau que le reste du gilet: c’est le … Le reste de la doublure était dans un satin de très basse qualité (ce qui n’a pas aidé). 

L’assemblage de la doublure au vêtement est l’origine de mes erreurs. J’ai voulu commencer par les manches, bien sûr sans une seule véritable idée de comment mis prendre. J’ai utilisé la machine (deuxième erreur) et finalement il est devenu impossible de retourner le produit. Une sorte de boucle inter dimensionnelle s’est créée dans le trou pour les bras. 

J’ai du découdre la doublure satin et c’est là que sa qualité médiocre de ce tissu m’a forcé à abandonner ces pièces de tissus. Durant le processus de désassemblage des pièces, le tissu s’est déchiré et effilé à trop d’endroit pour être récupérable. 

J’ai mis de côté ces pièces (jeté certaines qui étaient trop abîmées) et j’ai décidé de continuer malgré le fait que je n’avais pas de doublure de rechange.  

J’ai créé une sorte de bordure (très mal réalisée) avec les restes de doublure et le résultat était franchement affreux.  C’est à ce moment précis que j’ai abandonné, préférant travailler sur le projet du nouvel an. 

Récemment j’ai acheté du tissu, un beau coton bleu, pour m’attaquer à cette doublure. Problème étant que la machine que j’utilise ne m’appartient pas, mais une amie de la famille me l’a prêtant. Elle en a eu besoin et me voila donc sans machine. Et j’ai beau connaître les bases de la couture à la main, je dois avouer que celle-ci est souvent assez nulle.  

J’ai donc décidé que cela était une bonne opportunité d’apprendre. Munis de mon tissu, mes aiguilles, mon fil et mon dés à coudre, je me prépare à apprendre à vraiment coudre à la main. 

J’ai suivi une vidéo de Bernadette Banner, une costumière, sur la couture à la main. La méthode est celle du backstitch ou point arrière en français. Le principe est assez simple mais le backstitch est l’un des points de couture les plus résistants. 

Pour faire un Backstitch, on pique une fois en avant, et une fois en arrière. C’est ce mouvement de va et vient qui fait la solidité de ce point. Historiquement, c’était un des points les plus utilisés, surtout sur les chemises et autres sous-vêtements qui devaient être très solides. Ces “undergarments” étaient au contact de la peau et devaient être lavés beaucoup plus souvent par les vêtements. Le processus de nettoyage pouvaient facilement abîmer les vêtements et donc il fallait que ceux-ci soient très solides.  

Bref, c’est le point que j’ai décidé d’utiliser pour assembler la doublure. Je n’ai pas eu trop de difficulté à le faire, mais je dois avouer que la différence entre ma première couture et la dernière est flagrante. 

Le problème que j’ai eu juste après avoir assemblé la doublure, c’est le fait que, malgré avoir utiliser le même patron, j’ai réussi à avoir un gilet plus petit que la doublure. J’imagine que j’ai oublié de prendre en compte la marge de couture en coupant mon gilet il y a quelques mois. 

J’ai eu des difficultés à assembler les deux pièces, devant plusieurs fois découdre et recommencer des coutures. 

Cette couture à la main m’a pris plusieurs jours, mais j’ai trouvé le processus particulièrement agréable et relaxant. Et, malgré les défauts de cette pièce, je suis assez fier de l’avoir fini, surtout après tant de temps et à la main. J’ai appris à faire une couture main propre, discrète et solide, une compétence qui me servira beaucoup.